CIPREF 2026 : L’intelligence artificielle, une « nécessité » pour la presse francophone en quête de souveraineté

L’Université Internationale Berthe et Jean a vibré, du 21 au 23 janvier 2026, au rythme des débats fondateurs de la première Conférence Internationale de la Presse Francophone (CIPREF). Face à la révolution de l’intelligence artificielle (IA), près de 200 professionnels et experts d’une vingtaine de pays francophones ont posé les bases d’une réponse collective. Le mot d’ordre, lancé dès la conférence de presse inaugurale par Désiré Ename, président du comité d’organisation, est sans appel : « Face aux mutations profondes de notre métier, l’intelligence artificielle n’est plus une option, mais une nécessité. Nous devons nous l’approprier ou risquer de disparaître ». Cet événement historique, placé sous le haut patronage des autorités gabonaises, marque la volonté de l’espace francophone de ne plus subir les bouleversements technologiques, mais de les orienter.

IMG 20260123 134214 HDR

 

La cérémonie de clôture a été marquée par une allocution forte du représentant du Ministre de la Communication, M. Germain Bihadjow. Soulignant l’honneur pour le Gabon d’accueillir cette première édition, il a salué des débats centrés sur « la question de la viabilité des médias, surtout numériques, les possibilités de financement de ces derniers et les questions liées à la pratique du métier de journaliste ».

 

Face aux risques de manipulation, il a rappelé avec l’auteur François Rabelais que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », appelant à un journalisme qui demeure « une science de collecte, de traitement et de production de l’information, qui transcende les mutations technologiques et reste une pratique empreinte de responsabilité et de rigueur ». Il a conclu en déclarant les travaux clos, affirmant que les résolutions faisaient de la CIPREF « un maillon important et un interlocuteur de poids » pour l’espace médiatique francophone.

 

L’enjeu dépasse les frontières nationales. Conçue comme une plateforme « panafricaine et francophone », la conférence a rassemblé des pays d’Afrique, d’Europe, des Amériques et d’Asie dans un esprit de « dialogue égalitaire ». L’objectif annoncé est de taille : construire une réflexion collective sur la souveraineté informationnelle, la crédibilité des médias et l’adaptation de leurs modèles économiques à l’ère du numérique.

IMG 20260123 134224 HDR

Le programme de la CIPREF a été conçu pour équilibrer réflexion de fond et acquisition de compétences pratiques. Loin de se limiter à des discours, les travaux se sont articulés autour de formats variés destinés à outiller concrètement les participants :

· Tables rondes de haut niveau pour décortiquer les défis éthiques et économiques de l’IA. Une session clé, intitulée « Ethique, véracité et transparence : comment maintenir la confiance du public à l’ère des contenus automatisés ? », a directement adressé la crise de confiance amplifiée par les nouvelles technologies.

IMG 20260123 134344 HDR

· Ateliers pratiques pour le développement de nouvelles compétences. Un atelier dédié à la « Détection des Deepfakes et lutte contre la désinformation numérique » a fourni aux journalistes des méthodes pour identifier les contenus manipulés, un fléau grandissant.

· Master classes et conférences-débats animées par des figures de proue du secteur, offrant des retours d’expérience et des perspectives stratégiques.

Cette structure reflète la philosophie de l’événement : il ne s’agit pas seulement de comprendre l’IA, mais de savoir l’utiliser sans sacrifier les fondamentaux du journalisme que sont la vérification des faits, l’éducation aux médias et la déontologie.

 

IMG 20260123 134334 HDR

 

Les travaux ont débuté par une conférence inaugurale du Dr Jean-Claude Nkou, qui a présenté l’IA comme « un nouveau mode de vie touchant l’ensemble des couches de la société ». Tout en listant ses applications prometteuses comme le fact-checking automatisé, il a lancé un avertissement nuancé : « bien que l’IA semble surpasser certaines capacités humaines, elle ne leur est pas encore supérieure », plaidant pour « une utilisation responsable de l’IA, consistant à la challenger tout en maintenant un contrôle humain permanent ».

Cet impératif de contrôle a résonné dans tous les ateliers. Lors de la table ronde sur l’éthique, les intervenants ont insisté sur la nécessité de « faire primer l’humain sur la machine dans les processus éditoriaux » et de « garantir la transparence ». Face à la menace des deepfakes, l’expert Bogdan OPREA a recommandé « une approche responsable et éthique de l’IA, fondée sur la vigilance, la formation continue des journalistes et l’utilisation d’outils adaptés de vérification ». Pour l’Afrique, le Dr Nkou a rappelé l’enjeu crucial de « préserver son autonomie éditoriale tout en développant des modèles économiques viables ».

IMG 20260123 134358 HDR

Portée par la participante Yvonne Eloundou, la Déclaration de Libreville a acté la vision commune des professionnels. Partant du constat qu’« un nouveau dynamisme s’impose au sein des médias de l’espace francophone », elle identifie clairement les défis : « les pressions politiques et économiques, les menaces à la sécurité des journalistes, […] et la prolifération de la désinformation ».

IMG 20260123 134915 HDR

En réponse, la Déclaration réaffirme l’attachement indéfectible à « l’éthique et à la déontologie, ainsi qu’aux principes universels de la liberté de la presse ». Surtout, elle se traduit par des actions concrètes : la conférence « décide de sa pérennisation » et « met en place un comité ayant pour mission de régler les textes fondamentaux de la CIPREF ». Les participants expriment l’espoir que cette première édition soit « le point de départ de nombreuses initiatives et collaborations » futures.

 

Une motion de remerciement, adoptée à l’unanimité, a finalement salué le peuple et le gouvernement gabonais pour leur chaleureux accueil, scellant l’esprit de solidarité francophone qui a prévalu durant ces assises historiques.

IMG 20260123 134952 HDR

La première édition de la CIPREF ne se voulait pas un aboutissement, mais un point de départ. Les organisateurs ont clairement exprimé leur volonté de pérenniser l’événement en une biennale, assurant ainsi un suivi régulier des engagements et une adaptation continue aux défis futurs. Cette perspective s’appuie sur la conviction que les médias francophones, en unissant leurs forces, peuvent renforcer leur résilience et leur crédibilité dans le paysage mondial de l’information.

 

En quittant Libreville, les participants emportent avec eux plus que des notes de séminaire. Ils repartent avec un cadre de dialogue structuré, des outils concrets et, surtout, la conscience d’appartenir à une communauté déterminée à faire de l’intelligence artificielle un levier pour un journalisme responsable et innovant. La CIPREF 2026 a réussi son pari inaugural : faire du Gabon l’épicentre d’une conversation essentielle sur l’avenir de l’information dans l’espace francophone.



Ne révise plus seul ! Accède à une 𝐦𝐮𝐥𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐝'𝐞𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐲𝐧𝐭𝐡𝐞𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐏𝐡𝐲𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞-𝐂𝐡𝐢𝐦𝐢𝐞, 100% conformes au programme du Gabon. Bloqué sur un calcul ? 𝐇𝐲𝐬𝐨𝐩𝐞, ton Grand Frère IA, 𝐭𝐞 𝐠𝐮𝐢𝐝𝐞 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 vers la solution de chaque question.
𝐡𝐭𝐭𝐩𝐬://𝐚𝐬𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭𝐞𝐝𝐮.𝐨𝐧𝐥𝐢𝐧𝐞