Pr Ayo-Bivigou : « Zéro palu, je m’engage », le cri de ralliement de la ministre de la Santé pour réveiller le Gabon

C’est avec la gravité des jours décisifs et l’énergie des combats que l’on refuse de perdre que la professeure Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou, ministre de la Santé, a pris la parole ce vendredi, à la veille de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme. Depuis la tribune installée dans la capitale gabonaise, elle a lancé un appel qui se voulait bien plus qu’un simple rituel de circonstance : une véritable injonction à l’unité nationale pour atteindre l’objectif « zéro palu ».

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Le thème retenu cette année par la communauté internationale donne le ton de l’urgence mesurée et de l’espoir méthodique – « Motivé pour éliminer le paludisme : maintenant nous pouvons, maintenant nous devons ». La ministre s’en est saisie avec une conviction clinique, comme on passe d’un diagnostic posé depuis trop longtemps à un traitement que l’on ne peut plus différer. Sous son regard, les chiffres parlent une langue que personne ne peut feindre d’ignorer : au Gabon, près de 38 % des hospitalisations d’enfants de moins de cinq ans portent encore la marque implacable de ce parasite. Une hécatombe silencieuse que le changement climatique et les résistances aux thérapies classiques ne font qu’aggraver, en redessinant la carte des zones à risque et en émoussant les armes médicales les plus éprouvées.

 

C’est justement pour briser cette spirale que le ministère de la Santé a choisi de transformer un slogan en serment collectif. « Zéro palu ! Je m’engage », a répété la ministre avec une intensité qui dépassait la simple formule, y associant aussitôt l’image du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, dont elle a salué l’implication personnelle dans cette bataille sanitaire. À travers cet hommage appuyé au chef de l’État, le message était limpide : l’élimination du paludisme n’est plus seulement une politique publique, elle devient une affaire de volonté partagée, un contrat moral entre les autorités et chaque citoyen.

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Concrètement, cette détermination s’incarne déjà dans des actes qui changent la pratique quotidienne sur le terrain. La ministre a rappelé la généralisation du diagnostic rapide obligatoire avant tout traitement, mesure phare destinée à éviter les prescriptions aveugles qui nourrissent les résistances médicamenteuses. En exigeant une preuve biologique avant le geste thérapeutique, le Gabon aligne sa rigueur sur les standards les plus exigeants de la lutte mondiale, tout en renforçant, dans les communautés reculées comme dans les centres urbains, les actions de prévention et de sensibilisation. Car on ne gagne pas une guerre contre un moustique sans éclairer d’abord chaque chambre, chaque école et chaque marché sur les gestes qui sauvent.

 

Au moment de conclure son adresse à la nation, la professeure Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou a laissé flotter dans la salle une conviction presque palpable. Le Gabon dispose désormais des outils, des protocoles et des alliances nécessaires ; il lui reste à transformer cet arsenal en victoire quotidienne. Le ton était celui d’un pays qui refuse de voir ses enfants terrassés par une maladie évitable et qui, dans le sillage d’une journée mondiale, entend surtout faire du 25 avril une date périmée – le souvenir lointain d’un fléau que la mobilisation de tout un peuple aura fini par reléguer aux archives médicales.



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