Après quinze mois d’un silence imposé par la nécessité des chantiers, la Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption, dite Sainte-Marie, s’apprête à retrouver son souffle. Lors d’une conférence de presse solennelle tenue à la veille des festivités de l’Assomption 2026, les responsables de l’archidiocèse de Libreville ont levé le voile sur les détails de cette restauration historique. Ce n’est pas seulement un édifice de pierre qui rouvre ses portes, mais le cœur battant d’une communauté qui s’apprête à battre de nouveau.

La fermeture du sanctuaire, intervenue le 17 mai 2025, avait marqué les esprits. Pour Madame Elise Missi, vice-présidente pour les affaires économiques, ce moment représentait le début d’un défi colossal. « La réouverture de notre cathédrale consiste avant tout l’aboutissement d’un long chemin de confiance, de patience, de sacrifice et de solidarité», a-t-elle déclaré avec émotion. Au-delà des chiffres, l’enjeu était de sauvegarder l’âme de Libreville. « Derrière ce chantier, il y avait naturellement des questions techniques, architecturales et financières, mais il y avait surtout une responsabilité : préserver un patrimoine spirituel et historique majeur de notre église afin de le transmettre aux générations futures ».

La réussite de ce projet repose sur une mobilisation sans précédent. Madame Missi a tenu à souligner « l’apport considérable du président de la République et de la première dame sans lesquels ce chantier aurait pu ne pas voir son aboutissement en cette année». Elle a également insisté sur la gestion rigoureuse des fonds, rappelant que « les ressources de l’église ne sont pas une fin en elles-mêmes. Elles sont les moyens mis au service de la mission, de l’évangélisation, de la liturgie et de la pastorale ». Pour le Conseil des affaires économique, restaurer n’est que la première étape ; il s’agit désormais de maintenir ce bien commun dans la durée par une « véritable culture de responsabilité et de participation ».

Si les portes étaient closes, la foi, elle, n’a pas pris de vacances. Madame Diane Okome, vice-présidente du conseil pour les affaires pastorales, a rappelé avec force que l’édifice n’est que l’écrin de la ferveur. «Cette période nous a rappelé une chose essentielle : l’église est d’abord un peuple rassemblé autour du Christ », a-t-elle affirmé. Malgré les contraintes, la vie sacramentelle et les enseignements se sont poursuivis hors les murs, prouvant la résilience des fidèles.
Le retour dans la cathédrale restaurée est perçu comme un « nouveau départ dans la foi». L’ambition affichée est de transformer ce lieu en un espace d’accueil universel. « Nous sommes appelés à faire de cette cathédrale un lieu où chacun puisse se sentir accueilli, où les familles puissent grandir dans la foi, où les jeunes puissent trouver leur place et où toute personne en quête de Dieu puisse franchir les portes avec confiance », a plaidé Madame Okome. L’invitation est lancée à tous, sans distinction : « Notre cathédrale ouvre ses portes à tous. Elle ouvre ses portes à ceux qui viennent prier, à ceux qui viennent pour célébrer, à ceux qui viennent simplement pour chercher un peu de paix ».

Monseigneur Ruffin Ngoubou a, pour sa part, mis l’accent sur la dimension symbolique et liturgique de cette réouverture. Il a décrit la cathédrale comme « le point de rassemblement du peuple de Dieu autour de son pasteur », soulignant que sa renaissance marque le retour de «l’église mère au cœur de la vie liturgique pastorale et missionnaire ». En tant que patrimoine national, culturel et architectural, Sainte-Marie incarne la mémoire du Gabon.


Le programme des festivités des 14 et 15 août 2026 s’annonce grandiose. Dès le 14 août à 16h, l’archevêque métropolitain, Monseigneur Jean-Patrick Iba-Ba, procédera à la remise officielle des clés et à l’ouverture solennelle des portes. Cette cérémonie sera suivie de la bénédiction des travaux, des premières vêpres de l’Assomption et d’un grand concert spirituel. Le point d’orgue sera la messe pontificale d’action de grâce le 15 août à 10h.
Dans un dernier élan de gratitude, Mgr Ngoubou a remercié tous les acteurs, des artisans aux médias, avant de conclure sur la vocation profonde de l’édifice : «Notre Dame ouvre ses portes, mais surtout elle reprend sa mission. Elle redevient une maison de prière, de réconciliation, de communion et d’évangélisation pour notre capitale et pour notre pays ». À l’aube de cette nouvelle étape, Sainte-Marie ne se contente pas de briller par ses nouvelles dorures ; elle s’affirme comme le phare spirituel d’une nation en quête de paix et de fraternité.
