Gabon : Oligui Nguema mise sur une nouvelle raffinerie après la pénurie

Libreville, 9 octobre 2026 – Après plusieurs jours de perturbations dans l’approvisionnement en carburant, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, entend renforcer la sécurité énergétique du Gabon. Réuni jeudi 8 octobre en Conseil des ministres, le gouvernement a été instruit de préparer un programme portant notamment sur la modernisation de la Société gabonaise de raffinage (SOGARA), le renforcement des stocks de sécurité et les études préalables à la construction d’une nouvelle raffinerie.

 

La pénurie de carburant qui vient de toucher le pays a mis à rude épreuve le quotidien des populations et les activités économiques. Files d’attente aux stations-service, difficultés de déplacement et contraintes pour les opérateurs économiques ont rappelé la dépendance du Gabon aux circuits d’approvisionnement en produits pétroliers.

 

Face à cette situation, le chef de l’État a réuni, mercredi 7 octobre, les acteurs du secteur afin d’obtenir des solutions immédiates. Selon le communiqué final du Conseil des ministres, des navires sont désormais à quai et les livraisons aux stations-service ont repris. Le retour à la normale devrait toutefois être progressif.

 

Le gouvernement est ainsi chargé d’assurer un suivi régulier de la situation jusqu’au rétablissement durable de l’approvisionnement sur l’ensemble du territoire national.

 

Trois axes pour prévenir de nouvelles crises

 

Au-delà de l’urgence, cette pénurie a mis en lumière les fragilités du dispositif national d’approvisionnement. Le président de la République a notamment évoqué les perturbations dans le détroit d’Ormuz, qui affectent la disponibilité et les prix des produits pétroliers sur les marchés internationaux.

 

Pour réduire la vulnérabilité du pays face à ces tensions, le gouvernement devra présenter, lors d’un prochain Conseil des ministres, un programme articulé autour de trois priorités : la modernisation de la SOGARA, le renforcement des stocks de sécurité et le lancement des études nécessaires à la construction d’une nouvelle raffinerie.

 

Ce programme devra être accompagné d’un calendrier d’exécution et d’un plan de financement réalistes. Pour le chef de l’État, l’enjeu est de permettre au Gabon d’anticiper les crises plutôt que de les subir.

 

La subvention des carburants sous pression

 

Autre sujet soulevé lors de cette réunion : le coût du mécanisme de stabilisation des prix à la pompe. Destiné à préserver les consommateurs des fluctuations des marchés internationaux, ce dispositif représente une charge croissante pour les finances publiques.

 

Selon le communiqué, cette charge mensuelle, qui oscillait entre 7 et 9 milliards de FCFA avant la guerre en Ukraine, a atteint 15 milliards de FCFA au cours de la crise évoquée, avant de grimper à 30 milliards de FCFA en septembre 2026, sous l’effet des tensions au Moyen-Orient.

 

Si ce mécanisme permet au Gabon de maintenir des prix des produits pétroliers et du gaz butane parmi les plus bas de la sous-région, il réduit également les ressources disponibles pour financer d’autres priorités nationales, notamment la santé, l’éducation et la lutte contre la pauvreté.

 

Le chef de l’État a donc invité le gouvernement à réfléchir à des solutions permettant d’alléger cette charge, voire de la supprimer à terme. Les modalités d’une éventuelle évolution de ce mécanisme restent toutefois à préciser.

 

Tolérance zéro contre la revente illicite

 

Enfin, Brice Clotaire Oligui Nguema a salué la patience des populations durant cette période de tension, tout en condamnant les pratiques de revente illicite de carburant à des prix exorbitants.

 

Le ministre du Pétrole et du Gaz ainsi que les autres membres du gouvernement concernés ont reçu instruction de mobiliser sans délai les services de contrôle et de répression compétents.

 

Le président a également rappelé l’obligation de respecter les règles de sécurité, notamment l’interdiction de vendre ou de transporter du carburant dans des récipients non homologués.

 

Au-delà du retour progressif à la normale, cette crise place désormais les autorités devant un défi majeur : garantir un approvisionnement régulier, renforcer l’autonomie énergétique du pays et maîtriser le coût du soutien public aux consommateurs.





Assistant Edu Gabon

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