En marge des célébrations solennelles marquant le 66e anniversaire de l’indépendance de la République Gabonaise, l’agenda du Président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est enrichi d’une étape aux résonances économiques majeures. Ce dimanche 16 août 2026, répondant à l’invitation de son homologue, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, le chef d’État congolais a franchi les portes de la Zone d’Investissement Spéciale (ZIS) de Nkok, véritable fleuron de l’industrie sous-régionale.


Accompagné par Lubin Ntoutoume, ministre gabonais de l’Industrie, le Président Tshisekedi a été accueilli dès son arrivée par une ferveur patriotique mémorable, portée par une délégation de la diaspora congolaise venue saluer cette visite historique au cœur du pôle industriel du pays. Ce déplacement ne se voulait pas une simple courtoisie diplomatique, mais une immersion profonde dans un écosystème où la ressource brute se métamorphose en valeur ajoutée, illustrant une Afrique qui se prend en main.
La visite a débuté par un briefing stratégique sur les mécanismes de fonctionnement de cette zone franche, avant que la délégation ne s’engage dans une exploration concrète du terrain. Délaissant la solennité du cortège présidentiel pour la proximité d’un bus de transfert, Félix Tshisekedi a parcouru l’immense parc à bois où s’élèvent des montagnes de billes d’Okoumé. Le spectacle de ces géants de la forêt, en attente de transformation, a permis au chef de l’État de mesurer l’ampleur de l’activité sylvicole gabonaise et la rigueur de sa gestion logistique. Cette première étape a jeté les bases d’une réflexion sur la souveraineté économique, le Président scrutant avec une attention particulière la capacité du Gabon à structurer une chaîne de valeur complète sur son propre sol, un défi que partage également la vaste République Démocratique du Congo.


L’immersion industrielle s’est intensifiée au sein des installations de « Tropical Forest », une unité de pointe spécialisée dans la production de contreplaqué. Loin d’une observation superficielle, le Président congolais a tenu à inspecter personnellement la qualité des finitions et des revêtements, s’enquérant des procédés techniques auprès des responsables de l’usine.



Cette curiosité manifeste témoignait d’une volonté de comprendre les rouages du succès gabonais. Pour Félix Tshisekedi, le constat est sans appel : la réussite de Nkok repose sur une alliance entre technologie moderne et ressources naturelles. La précision des machines et le savoir-faire des ouvriers ont souligné l’importance cruciale de l’industrialisation pour s’extraire de la dépendance aux exportations de matières premières non transformées.


Un autre moment fort de cette matinée fut la halte au Centre International Multisectoriel de Formation et d’Enseignement Professionnel. Bien que le passage y fut rapide, l’impact sur le chef d’État fut profond, car il touche au cœur du développement : le capital humain. Le Président a exprimé son admiration pour ce modèle liant formation et emploi, déclarant son souhait de s’en inspirer pour la construction d’infrastructures similaires en RDC. Il a même envisagé, dans un futur proche, d’envoyer de jeunes Congolais se perfectionner dans ce centre d’excellence, scellant ainsi une coopération éducative et technique entre les deux nations. Cette vision souligne que l’éveil industriel du continent ne pourra se faire sans une jeunesse qualifiée, apte à piloter les usines de demain.

Le parcours présidentiel a toutefois dû composer avec les impératifs d’un calendrier particulièrement dense, contraignant la délégation à annuler la visite prévue des installations de l’entreprise Shanta.

Malgré la déception des cadres et des nombreux employés qui s’étaient mobilisés, drapeaux gabonais et chinois en main, pour offrir un accueil chaleureux à l’illustre hôte, la compréhension a prévalu face aux contraintes protocolaires.



La visite s’est donc recentrée sur le Centre d’exposition Akiba, une vitrine de l’élégance et du raffinement artisanal. Face aux tables de réunion en Kevazingo, aux sculptures animalières et au mobilier de haut standing, Félix Tshisekedi n’a pas tari d’éloges sur le génie créateur des artistes locaux, y voyant la preuve que l’industrie peut aussi être le vecteur de l’identité culturelle et de l’excellence esthétique.

Au terme de ce périple, le Président de la RDC a livré ses impressions avec une conviction vibrante, soulignant que le modèle de Nkok est une boussole pour le développement continental. « C’est vraiment l’exemple même de ce qu’il faut en Afrique, la transformation de nos propres ressources locales, la création donc de la richesse et de l’emploi, la création des chaînes de valeur », a-t-il affirmé avec force.



Totalement émerveillé par cette expérience, il a réitéré sa gratitude envers son « frère », le Président Oligui Nguema, tout en affirmant sa détermination à transposer cette ambition en RDC par la création de zones économiques spéciales similaires. Pour lui, l’avenir du monde se joue ici, à condition que l’Afrique sache transformer ses promesses en réalités industrielles palpables.

Le ministre de l’industrie gabonaise, Maître Lubin Ntoutoume, a remis au président Félix Tshisekedi une statue de panthère, soulignant la consolidation des relations fraternelles entre le Gabon et la République Démocratique du Congo.

Avant de quitter le sol de Nkok, Félix Tshisekedi a accompli un geste hautement symbolique : la mise en terre d’un jeune plan de citronnier. Cet acte, bien au-delà de sa dimension écologique, se veut le signe de la consolidation des liens entre Kinshasa et Libreville, une semence d’espoir pour une intégration économique africaine renforcée.

En quittant la zone industrielle, le chef d’État congolais ne laissait pas seulement derrière lui un sillage diplomatique, mais il emportait avec lui les prémices d’une révolution industrielle qu’il appelle de ses vœux pour son propre pays. Cette visite restera sans doute comme un jalon essentiel dans la définition d’une nouvelle synergie continentale, où l’inspiration mutuelle devient le moteur du progrès partagé.


