Tribalisme et récupération politique : la République en péril

Dans une société en quête de reconstruction et d’unité, il est affligeant de constater que certaines figures publiques s’accrochent encore à des discours qui opposent les Gabonais entre eux. L’affaire Onanga Ndiaye en est une illustration parfaite : un mélange dangereux de tribalisme, de récupération politique et de négation des réalités socio-économiques du pays.

Les propos d’Onanga Ndiaye s’inscrivent dans une rhétorique bien connue : celle qui vise à opposer les Gabonais dits « autochtones » aux citoyens supposément « étrangers », selon des critères aussi discutables qu’absurdes. Qu’un membre du gouvernement puisse tenir de tels propos sans être immédiatement rappelé à l’ordre pose une question fondamentale : à quel projet politique sert ce genre de dérapages ?

 

Faut-il rappeler qu’au Gabon, la nationalité est définie par la loi et non par les origines ethniques ou le patronyme ? Remettre en question l’appartenance de certains citoyens sous prétexte qu’ils portent un nom d’origine étrangère est une attaque frontale contre les fondements même de la République.

 

Ce n’est pas la première fois que le tribalisme est utilisé comme levier politique. En 2005, déjà, certains acteurs politiques n’hésitaient pas à alimenter les tensions en ciblant certaines communautés. En 2009, après les violences post-électorales à Port-Gentil, le même schéma s’est répété, avec des discours minimisant les exactions et rejetant la responsabilité sur des groupes ethniques désignés comme boucs émissaires.

 

Aujourd’hui encore, ce poison est distillé dans le débat public par des hommes qui, sous couvert de patriotisme, n’œuvrent qu’à diviser pour mieux régner.

 

L’hypocrisie des élites

Ceux qui prônent un repli identitaire feignent d’ignorer une réalité économique implacable : le Gabon est un pays aux ressources partagées. Si Port-Gentil est un centre névralgique de l’industrie pétrolière, c’est parce que les compagnies y ont installé leurs infrastructures. Or, le pétrole extrait ne provient pas uniquement de l’Ogooué-Maritime, mais aussi d’autres provinces comme la Nyanga et la Ngounié.

 

Les travailleurs venus d’ailleurs ne font que suivre le développement économique, tout comme les Gabonais qui émigrent à Libreville ou à Franceville pour y chercher des opportunités. Faut-il leur interdire de s’installer sous prétexte qu’ils ne sont pas « autochtones » de ces régions ?

 

La République au-dessus des calculs politiques

 

Les Gabonais ne doivent pas se laisser piéger par ces discours de division qui ne servent que des intérêts égoïstes. La vraie question n’est pas de savoir qui est plus Gabonais que l’autre, mais bien comment construire un pays où chacun trouve sa place, indépendamment de son origine ou de son nom de famille.

 

Le président de la Transition, qui se veut garant de l’unité nationale, doit prendre ses responsabilités en condamnant fermement toute tentative d’instrumentalisation ethnique. Car si nous laissons ces dérives se banaliser, c’est la République elle-même qui sera en péril.

 

Le Gabon mérite mieux que ces vieilles recettes politiciennes. Il est temps d’élever le débat.



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