La capitale gabonaise a vibré ce mercredi sous les couleurs du « Marathon des Bâtisseurs », une marche populaire organisée par le Rassemblement des Bâtisseurs (RdB) en soutien à la candidature de Brice Clotaire Oligui Nguema à l’élection présidentielle du 12 avril. Dès les premières heures, une foule imposante, venue de Libreville, Owendo et Akanda, s’est rassemblée au PK 0, près du Lycée Immaculée Conception, point de départ de cette démonstration de force et de ferveur politique.

Une mobilisation festive et symbolique
Dans une ambiance électrique, mêlant musique, slogans enthousiastes et drapeaux brandis haut, les partisans d’Oligui Nguema ont transformé les rues en une mer de soutien. Le cortège, discipliné mais exubérant, a parcouru le trajet jusqu’à la gare routière, scandant des chants à la gloire du Comité de Transition pour le Redressement des Institutions (CTRI) et de leur candidat, présenté comme l’homme de la rupture et de l’espoir.
Elza-Ritchuelle Boukandou, voix vibrante d’un engagement sans faille
L’un des temps forts de cette journée a été le discours poignant d’Elza-Ritchuelle Boukandou, députée de la transition et porte-parole officielle de la campagne d’Oligui Nguema. Avec une émotion palpable, elle a rappelé son propre parcours militant, marqué par les risques encourus pour ses convictions. « En 2016, j’ai failli mourir au QG [en défendant Jean Ping]. Le jour où on bombardait le QG, j’étais dans une pièce et j’ai voulu pleurer. […] Un jour viendra dans ce pays, on va pleurer nos morts. Mais ce jour est venu grâce à la vision d’un homme », a-t-elle déclaré, faisant explicitement référence au coup d’État du 30 août 2023, qu’elle présente comme un acte salvateur.

Affirmant parler au nom même du candidat, elle a martelé : « Quand je vous parle ce matin, considérez que c’est Brice Clotaire Oligui Nguema qui vous parle, parce qu’il m’a investie du pouvoir. » Un message qui souligne la confiance absolue placée en sa personne et la légitimité qu’elle incarne auprès des partisans.
Un programme axé sur l’emploi et les réalités gabonaises
Sans langue de bois, Boukandou a dressé le portrait d’un candidat « qui n’a pas un discours de revanche, de haine ou de division », mais dont l’unique adversaire est « la misère des Gabonais, le chômage, l’eau et l’électricité. » Elle a mis en avant des projets concrets comme « Taxi Gab » – un programme de 800 taxis créant des emplois indirects – ou encore l’exploitation des mines de Bélinga, insistant sur une approche réaliste : « Il ne mystifie pas en promettant des emplois publics impossibles. »

Enfin, son appel à voter massivement le 12 avril a résonné comme un cri de ralliement : « N’allez pas seulement voter, mais soyez des bâtisseurs. »
Discipline et détermination : les mots d’ordre des militants
Fortuné Edou Essono, coordinateur provincial de l’Estuaire, a renchéri en appelant les militants à incarner les valeurs de * »discipline, détermination et solidarité »*, qualités qu’il attribue à Oligui Nguema lui-même. Un message qui semble avoir été entendu, tant la marche s’est déroulée dans un esprit à la fois combatif et fraternel.

Une démonstration de force avant le 12 avril
Au-delà de l’aspect festif, cette mobilisation massive envoie un signal clair : les partisans d’Oligui Nguema entendent faire de cette élection un plébiscite. Entre espoir de changement et défiance envers l’ancien système, le « Marathon des Bâtisseurs » a confirmé que la campagne présidentielle gabonaise est entrée dans sa phase décisive.
Reste à savoir si cette ferveur se traduira en urnes. Une chose est sûre : à Libreville, l’élan est déjà là.
Jimmy Mandoukou, Journaliste, maître en anthropologie
