Libreville : les mairies d’arrondissement, des structures administratives sans réelle autonomie

Malgré leur existence juridique et leur rôle attendu dans la gouvernance de proximité, les mairies d’arrondissement de Libreville peinent encore à exercer une réelle autonomie. Une situation qui s’explique par la centralisation persistante des compétences et des ressources au niveau de la mairie centrale.

Dans le fonctionnement administratif actuel, les mairies d’arrondissement apparaissent davantage comme des relais d’exécution que comme de véritables centres de décision. En effet, le recouvrement des taxes issues des marchés, des parkings ou de l’occupation du domaine public est effectué directement par les services de la mairie centrale. Même les tickets de marché, généralement considérés comme une source de revenu local, ne sont pas laissés à la gestion des mairies d’arrondissement.

 

« Nous avons un rôle limité. En dehors de l’état civil et la propreté de l’arrondissement , toutes les ressources reviennent à la mairie centrale », confie un agent municipal sous couvert d’anonymat.

 

Cette centralisation des ressources nuit à la capacité des arrondissements de répondre aux besoins urgents des populations. Faute de budget propre, plusieurs projets de proximité restent au stade des intentions, freinant l’initiative locale.

 

Pourtant, la loi sur la décentralisation prévoit un transfert progressif de compétences et de ressources vers les collectivités locales. Mais à Libreville en particulier et l’arrière pays en général, ce transfert tarde à se concrétiser, accentuant le décalage entre les textes et la réalité.

 

Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une mise en œuvre effective de la décentralisation. Car sans autonomie financière ni pouvoir décisionnel, les mairies d’arrondissement risquent de demeurer de simples vitrines institutionnelles, incapables de jouer pleinement leur rôle au service des citoyens.

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