Okolassi Rails : 1 000 logements pour les cheminots, le rêve d’un lotissement nouvelle génération prend forme à Ntoum

À 35 kilomètres de Libreville, à peine trois kilomètres avant la ville de Ntoum, le vaste plateau d’OKOLASSI RAILS Sablière s’éveille d’une longue attente. Ce mercredi 3 juin 2026, l’air y était chargé de promesses et de graviers fraîchement retournés. Sur les 1 355 hectares que compte désormais ce site conçu comme un laboratoire de l’urbanisme gabonais, une nouvelle page s’est tournée : le partenaire financier du COPIL-SETRAG, l’entreprise panafricaine DNM Construction, a foulé la terre rouge pour y annoncer la construction de 1 000 habitations destinées aux agents du chemin de fer. Une étape décisive, saluée par les acteurs du projet comme la concrétisation d’une vision portée jusqu’au sommet de l’État.

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« Nous sommes une entreprise panafricaine de constructions BTP, nous appelons DNM Construction. Et non seulement les habitations, mais toutes les infrastructures qui vont avec l’habitation », a déclaré sur place Steeve Matengua, Directeur Commercial DNM Construction, entouré de ses ingénieurs. Son modèle, il le définit comme une prise en charge globale : « Plus que des aménageurs, parce que nous apportons le financement et nous construisons. Et nous garantissons l’entretien, la maintenance, après la remise de maisons clés à main. »

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Une approche qui tranche avec les chantiers livrés à l’abandon, et qui s’inscrit dans une ambition clairement revendiquée : « Notre objectif, notre vision en tant que panafricain, c’est de mettre à la disposition de toutes les bourses, du plus petit au plus lentil, des maisons, des habitations modernes et d’héritage. Pas seulement une habitation que toi tu vas habiter, dans laquelle tu vas vivre, mais là où vont vivre encore tes enfants. »

 

C’est la première incursion de DNM Construction au Gabon, et l’enthousiasme du visiteur était palpable face à l’étendue du site. « Ce sont nos amis du COPIL qui sont venus nous chercher. Ils ont vu notre expérience, ils ont visité nos autres sites. Et convaincus de notre expertise, ils ont décidé de nous inviter. Le site est magnifique. Nous sommes heureux qu’il soit porté par des officiels gabonais. D’après ce que nous avons compris, même le président de la République a sa vision. Et ça nous rassure : en tant que panafricanistes, nous voulons nous intégrer dans les projets sociaux portés par les nations, par les chefs eux-mêmes. »

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À ses côtés, Jean Koumbi Guyedi, président de la SCI Ndossi, laissait transparaître une fierté longtemps contenue. Il a rappelé les origines du projet : « Ndossi, dans nos langues, c’est le rêve. Ndossi existe depuis plus de dix ans. Nous avons un site hôtelier, nous gérons de l’immobilier. On ne peut pas tout déballer, parce que certaines gestions n’ont pas besoin d’être dites à tout le monde. » Pendant des années, le site a cherché sa voie. Un premier partenariat autour de panneaux solaires, promettant 10 000 maisons, a échoué sur le prix du kilowattheure régulé par l’État. « Nous sommes restés », confie-t-il sobrement. Jusqu’à l’arrivée du président Oligui : « Il y a eu l’opportunité de l’habitat dans notre pays, de l’urbanisation en tant que telle. Beaucoup de Gabonais habitent à gauche, à droite, sans titre foncier, ou construisent à côté du caniveau. Vous avez vu à Rio, ailleurs, des maisons qui s’écroulent, les gens meurent. Il n’y a pas eu d’urbanisation. »

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L’ANUTTC, créée par décret et renforcée par l’article 4 du décret 720, a alors coopté la SCI Ndossi. Ce qui n’était que 168 hectares s’est transformé en un territoire de 1 355 hectares, subdivisé en six lots. « La vision du président n’a pas regardé là devant ses pieds, mais plus loin », sourit Jean Koumbi Vendi. Et c’est dans ce cadre qu’est né le dialogue avec le collectif des agents de la SETRAG.

 

Stanislas Ngongué, président du COPIL-SETRAG, affichait une satisfaction mesurée mais réelle. « Notre présence ici émane du choix que nous avons eu à faire il y a deux ans sur la politique du chemin de l’État concernant les logements sociaux. Nous nous sommes constitués en personne morale, le collectif des agents du chemin de fer. Aujourd’hui, nous avons matérialisé par notre visite, accompagnés du partenaire financier arrivé de la RDC. » Avant même le déplacement sur le terrain, une étape cruciale a été franchie : « Plus tôt ce matin, nous avons signé un contrat de réservation de la parcelle avec le directeur de l’ANUTTC. C’était pour venir confirmer cette signature et rassurer les salariés : ce n’est pas du pipeau, c’est du réel. »

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À ceux qui craindraient de construire sur un sol fragile ou contesté, Stanislas Ngongué répond sans détour : « Je rassure les salariés : nous ne voulons pas consulter un logement dans un terrain où quelqu’un se lèverait un matin pour détruire nos biens. C’est pourquoi nous avons permis à la SCI Ndossi de nous amener au sein de l’ANUTTC pour être en conformité sur le foncier. Ne vous inquiétez pas, c’est déjà un bon pas. Nous avons la garantie. Aujourd’hui, nous avons signé de manière officielle, je répète, de manière officielle, un contrat de réservation du foncier. D’ici la semaine prochaine, selon le dire du directeur de l’ANUTTC, le titre foncier est en marche. »

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Cette garantie juridique, c’est précisément la raison d’être de l’ANUTTC sur ce chantier. Maury Nzaou Mabika, conseiller juridique et administratif du directeur général de l’agence, a détaillé le mécanisme : « L’État a créé l’ANUTTC pour produire ou faire produire des parcelles à bâtir au profit de l’État, des collectivités locales et des tiers. C’est un écho à la volonté du chef de l’État, qui veut que le plus grand nombre de Gabonais puissent accéder à la propriété foncière. » Le partenariat avec la SCI Ndossi est donc placé sous l’égide de l’agence : « Le titre qui va supporter cet investissement est un titre foncier de la République gabonaise, morcelé au profit des différents acteurs. L’ordonnance de réquisition du président du tribunal de première instance de Libreville a déjà été signée, transmise à la conservation foncière. Nous espérons que les services sont à pied d’œuvre pour que le titre soit créé dans les brefs délais et transcrit aux livres fonciers. »

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Sur le plateau d’OKOLASSI RAILS, plus rien ne semble devoir s’arrêter. Entre le pragmatisme des agents de la SETRAG, l’ambition panafricaine d’un constructeur qui se veut bâtisseur d’héritage, et la vigilance d’un État soucieux de sécuriser chaque parcelle, le lotissement entre enfin dans sa phase la plus concrète. Pour les mille familles de cheminots qui attendent leur toit, et pour tous ceux qui voient dans ce projet un modèle, le rêve de Ndossi n’est plus seulement un nom. Il prend racine dans la terre de Ntoum.



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