Le ministre d’État des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a beau afficher un taux de réalisation de 73 % lors de sa « Nuit des 100 jours », c’est encore ce qui reste à faire qui intrigue les Gabonais. Le permis de conduire digitalisé est officiellement lancé depuis le 24 mars, avec des centres d’enrôlement désormais visibles à Libreville et dans quelques villes‑clés. Mais l’attente se porte désormais sur les deux autres piliers du système : la carte grise et la licence de transport, dont la digitalisation a été promise par le ministre lors de son passage à l’émission spéciale sur Gabon 1ère. À ce jour, aucun calendrier précis n’a été rendu public. Les seules indications officielles figurent dans le communiqué du ministère, qui évoque « la digitalisation prochaine des certificats d’immatriculation et des licences de transport », sans mention de date butoir. Une imprécision qui commence à irriter les transporteurs, notamment ceux qui opèrent sur les longues distances et doivent déjà gérer une pléthore de documents papier.

Pourtant, l’urgence est réelle. Les experts consultés par L’Union le rappellent : une carte grise numérique ne se contenterait pas de simplifier la vie des conducteurs, elle permettrait surtout de centraliser toutes les données d’un même véhicule dans un QR code ou une puce NFC, exactement comme le nouveau permis de conduire. De son côté, la licence de transport – ce sésame obligatoire pour tout professionnel du fret ou du voyage – reste engluée dans des procédures manuelles qui favorisent les circuits parallèles. La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPMEI) avait déjà tiré la sonnette d’alarme en 2024, dénonçant un appel d’offres resté sans suite pour la numérisation de ces licences.
Avec l’arrivée de Rengus Digital sur le devant de la scène, l’espoir renaît. La PME gabonaise, qui a conçu et développé la plateforme du permis digital, affirme disposer des infrastructures nécessaires pour intégrer la carte grise et les licences dès que l’État lui en donnera le feu vert. « Nous avons présenté un travail qui est le résultat de nombreuses années d’expérience. Un nettoyage de la base de données a déjà été réalisé », a expliqué Madeleine Orlane Renguila Ikana, directrice générale de Rengus Digital.

Mais la véritable pierre d’achoppement pourrait être territoriale. Car si Libreville bénéficie d’une couverture numérique acceptable, qu’en est-il de l’intérieur du pays, où le ministre d’État lui-même a promis de déployer la digitalisation lors de son bilan des 100 jours ? Pour l’instant, les six centres d’enrôlement du permis digital sont situés dans la capitale et ses alentours immédiats (Akanda, Owendo, Ntoum). Le communiqué officiel précise bien que l’opération « se fera dans tout le territoire gabonais », mais sans échéancier concret. Les professionnels du transport à Franceville, Oyem ou Port-Gentil s’interrogent : faudra‑t‑il parcourir des centaines de kilomètres pour faire convertir sa carte grise, comme ils ont dû le faire pour leur permis ? Le ministre a annoncé une « généralisation progressive », mais le sentiment d’une administration à deux vitesses persiste.
Rengus Digital assure pourtant être prête à relever le défi. L’entreprise a déjà prouvé sa capacité à monter en charge avec le lancement du permis digital, et ses dirigeants rappellent que leur solution technique est conçue pour être déployée sur l’ensemble du réseau des agences de l’Agence nationale des infrastructures numériques (ANINF). Reste à savoir si l’État mettra les moyens logistiques et financiers pour équiper les provinces, former les agents et garantir une connexion stable hors des grandes agglomérations.

En attendant, le ministre d’État Manfoumbi ne manque pas d’autres chantiers. La vidéo-verbalisation, évoquée comme une mesure phare pour discipliner les routes gabonaises, exigera elle aussi un maillage territorial dense en caméras intelligentes. Les défis techniques et juridiques sont immenses, mais l’objectif affiché est clair : faire du Gabon un hub logistique moderne, où chaque véhicule, chaque conducteur et chaque licence seront tracés en temps réel. Pour les usagers de l’intérieur, l’attente pourrait encore être longue. Mais avec un prestataire local rodé et une volonté politique réaffirmée, le passage du « tout‑papier » au « tout‑numérique » n’a jamais semblé aussi proche. Reste à transformer l’essai sur le terrain, province par province.
Ne révise plus seul ! Accède à une 𝐦𝐮𝐥𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐝'𝐞𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐲𝐧𝐭𝐡𝐞𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐏𝐡𝐲𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞-𝐂𝐡𝐢𝐦𝐢𝐞, 100% conformes au programme du Gabon. Bloqué sur un calcul ? 𝐇𝐲𝐬𝐨𝐩𝐞, ton Grand Frère IA, 𝐭𝐞 𝐠𝐮𝐢𝐝𝐞 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 vers la solution de chaque question.
𝐡𝐭𝐭𝐩𝐬://𝐚𝐬𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭𝐞𝐝𝐮.𝐨𝐧𝐥𝐢𝐧𝐞
